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Millesime 2009

Publiée par Bruno quenioux le 22/02/2010 11:55

Ca y est : un de plus ! Cette fois, c’est vraiment le millésime du millénaire! Les superlatifs ne manquent pas.

2000, puis 2005 furent déjà plus grands que grands. Et plus grand que grand, c’est quoi ? dirait Coluche...

Dans un monde où l’image et la puissance règnent en maîtres, on ne s’attache pas à l’identité subtile de ces vins qui possèdent en eux les marques du temps (le climat d’une année étant la partie lisible pour l’homme de ce qu’est le temps universel). 

Réduire certains millésimes à une simple médiocrité et ne consommer que ceux qui réunissent les critères établis par les experts du vin, c’est renier des pans entiers de notre propre vie.

Le millésime est l’empreinte du temps. Par la vigne, la terre et le ciel vont féconder un fruit. Ce fruit porte en lui les sels libérés de la « roche-mère » et les rayons de lumière de l’année, même les plus tamisés par de beaux nuages gris. Quelle chance : pouvoir se remémorer ces différences par la gouleyance d’un vin qui a vécu les pluies froides de 2002 pour aller chercher la chaleur dans les profondeurs de la terre. Ce sont des millésimes qui expriment la terre.

Dans notre monde, la compétition, la hiérarchisation prévalent. Et que le meilleur gagne : l’autre n’existe pas. Mais la terre et les vignes savent qu'elles ne sont pas en compétition. Elles produisent le vin de l’année climatique et vibratoire représentative d’une « période temps ».

Le millésime est l’empreinte de ce temps que l’on va revisiter en goûtant le vin. Découvrir l’histoire du monde en buvant un élixir. Il y a pire comme châtiment !

Evidement, pour produire de mauvais vins, trois conditions sont nécessaires: les catastrophes naturelles, le manque d’expérience, et l'absence d’intuition...

Les grands vignerons, ceux qui épousent l’année qui vient, ressentent et vibrent à l'unisson de leur vigne et de leur vin ; ils vont d’un raisin fragile révéler l’expression la plus pure : c'est le cas en Bourgogne, en 2002 et 2007 comme pour bien d’autres exemples.

Aujourd’hui, petit millésime signifie vin mince, sans volume et sans gras. La nudité nous agace. Et pourtant, que de subtilité dans certains vins dépouillés des enveloppes qui font les soi-disant grandes années.

De plus, ces vins s’accordent souvent mieux avec la gastronomie : ils ont l’humilité des noces.

A la vôtre !

PS : J’oubliais : si les grands millésimes n’existaient pas, mais de quoi vivraient les spéculateurs ?

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